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Bretagne classic ouest-france

Alain Deloeil évoque Cofidis et Plouay

Depuis son arrivée dans le peloton en 1997, l’équipe Cofidis n’a manqué aucune édition de Plouay. Dans une saison durement marquée par le Covid-19, la formation nordiste vient avec une belle équipe disputer la Bretagne Classic. Le directeur sportif Alain Delœil a son regard sur l’épreuve bretonne.

Alain Delœil, comment s’annonce la Bretagne Classic pour votre équipe Cofidis ?

Pour nous, c’est une période assez compliquée car il y a beaucoup de courses à suivre, c’est bien sûr une conséquence du Covid-19 qui a nécessité de revoir le calendrier. L’enchainement de Plouay après le Championnat de France est aussi difficile. 250 km pour la Bretagne Classic, c’est très long. A mon avis, on aurait pu enlever trente kilomètres, ça n’aurait rien changé au film. On aura une équipe compétitive avec Piet Allegaert et Dimitri Claeys, eux n’auront pas leur Championnat de Belgique le dimanche. Mais on peut s’attendre à une course ouverte à Plouay.

Le parcours était tracé avant le confinement et aller jusqu’à Saint-Brieuc en moins de 250 km était difficile à envisager…

Oui, je comprends les contraintes de l’effet Covid. Je connais bien l’organisation car je suis impliqué dans le Grand-prix de Denain, je suis un peu des deux côtes de la barrière.

On a appris qu’il n’y aura pas de coureurs de votre équipe au Championnat d’Europe à Plouay…

On a refusé à nos coureurs d’être en sélection nationale. Ils doivent rester dans la bulle de l’équipe pour des raisons sanitaires. Toute la concentration de l’équipe va vers le Tour de France qui partira trois jours après le Championnat d’Europe, sortir de la bulle équipe n’est pas possible à ce moment-là. Et puis, les courses de Plouay sont difficiles, il faut tenir compte aussi des premières étapes du Tour de France qui seront difficiles également.

La Bretagne Classic et Plouay reste quand même une course importante pour votre équipe ?

Il y a toujours l’amour du vélo en Bretagne, on sait qu’au niveau organisation les choses sont bien faites. Mais je suis un peu de l’ancienne génération j’aimais ce qui était fait avant. On ne retrouve pas spécialement l’âme de la course qu’il y avait autrefois.

C’est une autre forme de course, une classique, qui permet aussi de valoriser la Bretagne et passer par de nombreuses communes…

Bien sûr, des contraintes entrent en ligne de compte. Je comprends qu’il faut évoluer et changer, ça donne une autre dimension à la course, mais faut-il le faire au détriment de ce qu’il y avait avant ? Est-ce que ça a un intérêt pour le grand public ? Mais ce n’est pas typique à Plouay, on constate un durcissement des épreuves, les courses sont de plus en plus difficiles, on rajoute toujours une bosse ou un mur. On doit s’adapter. Au même titre qu’au Tour des Flandres, où on fait maintenant des boucles, ça n’a plus la même saveur. J’aime la légende de Plouay, la fête populaire qu’il y avait autour du vélo.

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On retrouve chez Alain Delœil la nostalgie souvent évoquée relatant le Grand prix de Plouay des années 1980 et 1990. Époque que j’ai bien connue, ayant vécu toutes ces éditions en spectateur au milieu du public, au ravitaillement du village de Lezot puis à TyMarrec (route créée en 1989), en passant par le bourg et bien sûr l’arrivée du Lezot à une époque où Plouay était disputée cinq jours avant le Championnat du Monde et servait à sélectionner les coureurs de l’équipe de France... Qu’a-t-on vécu depuis ? Le Championnat du Monde déplacé en fin de saison, l’affaire Festina, la généralisation des oreillettes, l’impossibilité de reconnaître les coureurs, l’aseptisation des courses avec un schéma type (échappée-regroupement-sprint massif), les côtes de Plouay n’y pouvant plus rien (rappelons-nous le sprint massif en haut du Lezot en 1999), et aussi l’augmentation des coûts pour des bénévoles devant trouver sans cesse de nouvelles sources de financement. Et, surtout, le sport des paysans bretons et des ouvriers est devenu un sport de la classe moyenne. Il n’y a plus de coureurs se battant pour les primes, ni de coureurs de kermesse gagnant leur vie sur les prix des courses… Changement d’époque tout simplement. Le Comité des Fêtes n’a jamais fait autre chose que s’adapter au cyclisme qu’il avait face à lui, les exemples sont multiples pour qui a étudié à fond l’histoire de cette course. En 1926 : passage à une Régionale UVF pour avoir les meilleurs Bretons au départ. En 1931 : passage à Internationale UVF pour avoir des stars françaises face aux Bretons. Premier âge d’or : les années 1930. De retour dès août 1945, le Grand-prix de Plouay acquiert une stabilité populaire dans les années 1950 avant de subir la concurrence des critériums (courses théâtrales) à la fin des années 1960. En 1975 : 17 coureurs au départ, les pros ne viennent plus préférant faire du théâtre sur les lucratifs critériums. Guimard relance Plouay en 1976 en engageant l’équipe Gitane. La course devient ensuite sélective pour les Championnats du Monde (les Français attaquent dans tous les sens pendant 200 km pour obtenir leur sélection, c’est l’époque évoquée avec nostalgie par Alain Delœil ou Marc Madiot). 1995 : mondial déplacé en fin de saison. Diminution du nombre de coureurs par équipes en 1992 (10 coureurs) puis 1996 (8 coureurs). 2000 : changement de ligne d’arrivée pour répondre aux contraintes budgétaires et organisationnelles, etc, etc... (tout ceci peut faire l’objet d’une implacable démonstration détaillée retraçant tous les épisodes de 1924 à 2020)

Le Comité des Fêtes de Plouay est parfois critiqué... Mais qu’on se dise bien que c’est un miracle qu’il y ait encore des courses professionnelles en Bretagne. Les organiser est devenu un combat. Pour Plouay, il n’y aurait rien de plus simple que d’organiser une course comme celle du mardi des années 1980-1990. Mais quelles équipes et quels coureurs accepteraitent de venir en Bretagne sans gros frais de déplacement, sans une large couverture télévisée, sans oreillettes, sur un circuit de 13 km avec une arrivée dans un lieu exiguë dépourvu de parkings ? Qui peut croire que les équipes et coureurs de notre époque viendraient en Bretagne au mois d’août si la course n’était plus au calendrier World Tour alors qu’il y a au même moment des épreuves organisées à l’étranger par de riches sociétés privées pour qui le cyclisme n’est qu’un business...? Qui peut croire qu’on retrouvera un jour 200.000 spectateurs à Plouay pour voir du vélo ? Epoque révolue. Non à cause des Plouaysiens, mais en raison de l’évolution de l’économie du sport, de la façon de courir des équipes et - plus globalement - du mode de vie occidental...

Laissons donc la Bretagne Classic grandir en donnant de la vie aux charmants petits bourgs délaissés de notre magnifique Kreiz Breizh - là où règne encore l’âme bretonne - et on en reparlera...

Damien Chemillé

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ALLEGAERT Piet (Bel, 25 ans) - 160e UCI - Première participation

CLAEYS Dimitri (Bel, 33 ans) - 315e UCI - Quatrième participation - 25e en 2016

HAAS Nathan (Aus, 31 ans) - 265e UCI - Quatrième participation - 29e en 2019

LE TURNIER Mathias (Fra, 25 ans) - 1404e UCI - Première participation

MORIN Emmanuel (Fra, 25 ans) - 629e UCI - Première participation

TOUZE Damien (Fra, 24 ans) - 255e UCI - Première participation

VERMOTE Julien (Bel, 31 ans) - 661e UCI - Huitième participation - 23e en 2015

Cofidis
UCI WT BRETAGNE CLASSIC OUEST-FRANCE Inscriptions